Effets de l'insomnie sur la migraine

Prendre plus de 30 minutes pour s’endormir ou passer plus de 30 minutes éveillé au milieu de la nuit, avec une durée de sommeil inférieur à 6 heures 30 par nuit représente un problème d’insomnie. Si vous dormez 6 ou 7 heures par nuit et que vous vous sentez reposé le jour suivant, vous ne souffrez pas d’insomnie. Si vous avez de la difficulté à rester endormi ou à vous endormir au moins trois fois par semaine, vous faites probablement de l’insomnie.

On peut classer les insomnies selon leur récurrence :

  • Les insomnies passagères (< 3 semaines) réactionnelles à une cause identifiée sont les plus fréquentes. Elles peuvent être liées à :
    • Le manque de discipline : horaires de coucher et de réveil irréguliers, siestes trop longues dans la journée, travail de nuit, prise d’excitants en soirée, décalage horaire, etc…
    • De mauvaises conditions d’endormissement : chambre trop chaude, mal aérée, trop bruyante, trop éclairée, repas trop lourd le soir, activité stimulante avant de se coucher, etc…
    • Un symptôme qui empêche ou interrompt le sommeil : douleur, démangeaisons, difficulté à respirer, etc…
    • Un problème d’ordre psychologique: stress, anxiété, dépression…
    • L’usage de médicaments qui perturbent le sommeil : corticoïdes, stimulants du système nerveux central, etc…
    • Une maladie sous-jacente : syndrome des jambes sans repos, syndrome d’apnée du sommeil, certaines maladies cardiaques, respiratoires, digestives, métaboliques, psychiatriques ou neurologiques.
  • Les insomnies primaires sont souvent chroniques (plus de trois nuits par semaine pendant au moins trois mois) et plus difficiles à prendre en charge. On distingue trois grandes catégories :
    • L’insomnie liée à une mauvaise perception du sommeil : la personne pense ne pas dormir, pourtant les enregistrements de son sommeil sont normaux.
    • L’insomnie idiopathique qui débute fréquemment dans l’enfance. Elle serait due à un dérèglement des mécanismes neurobiologiques qui influencent le sommeil.
    • L’insomnie psychophysiologique, déclenchée par un évènement traumatisant. Elle apparait progressivement et s’aggrave avec le temps. Les enregistrements montrent un sommeil peu profond entrecoupé d’éveils : on parle d’un état d’ « hyper-éveil ». Elle est invalidante et difficile à prendre en charge.

Une consultation pour une plainte d’insomnie peut mener le médecin à prescrire des examens complémentaires qui permettent d’objectiver l’insomnie et de mieux la caractériser :

  • La tenue d’un agenda du sommeil pour aider à caractériser l’insomnie : il consiste à demander au patient qui se plaint d’insomnie de tenir sur au moins 2 semaines un agenda qui précise ses horaires coucher et de lever ;
  • Des tests destinés à déterminer s’il existe chez le patient une anxiété ou un syndrome dépressif ;
  • Une polysomnographie : c’est un examen qui consiste à enregistrer le sommeil d’un individu au cours d’une nuit entière. Elle permet en particulier de détecter un syndrome d’apnée du sommeil.

Il a été prouvé que dormir insuffisamment avait un impact défavorable sur la santé, observable entre autre par :

  • Une baisse de la vigilance et des fonctions cognitives avec un risque majeur d’accident de la route ou d’accident industriel ;
  • Une augmentation du risque de développer des maladies métaboliques (obésité, diabète, etc…) et des pathologies cardiovasculaires ;
  • Une baisse des défenses immunitaires ;
  • Une accélération du processus de vieillissement.
  • Une augmentation du risque de migraine

En cas de carence profonde en sommeil, on constate l’apparition de troubles du comportement (irritabilité, agressivité, dépression, usage de stupéfiants…).

Le traitement d’une insomnie commence toujours par l’application de règles d’hygiène de vie et de bon sens. En effet, pour favoriser un sommeil réparateur, quelques règles simples sont à respecter, et ce malgré un contexte social, familial ou professionnel contraignant :

  • Installer son lit dans une chambre au calme, sans bruit, dans l’obscurité, où la température est de 18 à 20°C ;
  • S’astreindre à avoir des horaires de coucher et de lever réguliers ;
  • Éviter de consommer des excitants (thé, café, alcool, boisson énergisante) en soirée ;
  • Manger léger le soir, et ce, éloigné du coucher ;
  • Ne pas regarder la télévision ou faire de l’ordinateur dans son lit ;
  • Ne pas faire de sport intense dans la soirée : préférer une activité sportive régulière en journée ;
  • Respecter le sommeil lorsqu’il arrive, ne pas lutter contre la somnolence ;
  • Éviter les siestes de plus de 20 minutes en journée et les grasses matinées à rallonge.

En cas d’échec de ces mesures simples, un traitement pourra être proposé par votre médecin. La phytothérapie ou l’herboristerie, c'est-à-dire les traitements à base de plantes, ont une bonne efficacité sur le sommeil sans avoir d’effet indésirable majeur. Demandez conseil à votre pharmacien ou votre médecin.

Dans certains cas plus complexes, votre médecin pourra vous prescrire des médicaments hypnotiques ou anxiolytiques sur une période qui doit être la plus courte possible. En effet, ces traitements ont de nombreux effets indésirables parmi lesquels une dépendance en cas d’usage trop fréquent avec un vrai syndrome de sevrage qui rend leur arrêt parfois très complexe. Chez les personnes âgées en particulier, ce type de traitement est inadapté étant donné le risque majoré de chute qu’il peut engendrer.

 

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